Mon expérience des élections universitaires, en tant qu'enseignant comme en tant qu'étudiant, c'est que malgré des débats passionnants, la désaffection y est totale. Le taux de participation dépasse rarement les 5 %! Et pourtant, ce ne sont pas les enjeux qui manquent : organisation de la scolarité, vie étudiante, aide sociale... Tous ces sujets sont traités par des conseils élus, dans lesquels les étudiants sont partie prenante! Cette désaffection est due, dans une large mesure, à des considérations matérielles. Les journées de cours particulièrement segmentées, les échanges universitaires et les stages sur le terrain font que de nombreux étudiants sont physiquement absents lors des échéances électorales. Les campus sont parfois si vastes que les étudiants doivent chercher longtemps le bureau de vote avant de le trouver... Et que penser de la situation des étudiants handicapés qui, contraints de limiter leurs déplacements à la fac, sont par conséquent partiellement exclus de la démocratie universitaire?
Pour changer les choses, il existe des outils très concrets. Le vote électronique en est un. Il permettrait à tous les étudiants de voter instantanément, où qu'ils se trouvent. Ils désigneraient ainsi leurs représentants aussi simplement qu'ils consultent leurs résultats d'examen sur le site Internet de leurs établissements.
Pour que l'université soit vraiment un lieu de pratique démocratique et d'apprentissage de la citoyenneté, nous devons inciter les étudiants à faire usage de leurs bulletins de vote. C'est pourquoi j'ai déposé une proposition de loi autorisant les présidents d'établissement à recourir à cette modalité pour les élections aux conseils universitaires. Il ne s'agit pas d'une obligation, mais d'une possibilité supplémentaire. J'espère que ce cette proposition contribuera effectivement à renforcer la démocratie universitaire!








