La campagne des élections régionales qui bat son plein n'empêche pas les partis politiques de préparer l'après-21 mars. A commencer par le dossier le plus chaud, qui sera ouvert quelques jours après le scrutin, celui de la réforme des retraites. L'UMP se met en ordre de marche pour soutenir le gouvernement, sous la houlette d'Arnaud Robinet, jeune député de la Marne qui est aussi secrétaire national du parti majoritaire en charge des retraites. Consultations et auditions se sont accélérées ces derniers mois. « Je remettrai un rapport à Xavier Bertrand présentant nos propositions début avril », annonce Arnaud Robinet. Une convention nationale est également prévue sur le sujet, ainsi qu'un tour de France des fédérations qui durera jusqu'à l'été.
Ateliers pour les députés
A l'Assemblée, la majorité a mis en place un groupe de travail, animé par le député UMP de Moselle Denis Jacquat, spécialiste du sujet, et Jean-Luc Préel, élu du Nouveau Centre. Les députés de ces deux partis sont priés de s'inscrire à l'un des quatre ateliers qui traiteront des thèmes suivants : « Convergence des régimes » (autrement dit rapprochement du public et du privé), « Financement et solidarité financière », « Parcours professionnels et retraite » (où sera abordée la question de la pénibilité) et enfin « Comparaisons internationales ». Un site Web spécial a même été lancé (sauvons-nos-retraites.fr).
D'autres auditions et réunions seront organisées en parallèle à la commission des Affaires sociales de l'Assemblée après les régionales, deux fois par semaine. Au Sénat, la mission d'évaluation et de contrôle de la Sécurité sociale prévoit de publier un rapport sur le sujet. Ce travail sera piloté par Christiane Demontès (PS) et Dominique Leclerc (UMP).
Et le PS ? Après les déclarations confuses du mois dernier sur la retraite à 60 ans, il prépare un texte recensant des pistes de réforme possibles. Ce document sera soumis au bureau national, sans forcément attendre que le gouvernement dévoile tout le détail de la réforme. « Nous devons être une force de proposition, pas seulement de contre-proposition », explique Marisol Touraine, la secrétaire nationale à la Sécurité sociale. Si le PS a finalement clarifié sa position sur l'âge légal de la retraite qui doit rester à 60 ans, il lui faut maintenant annoncer s'il accepte ou non une augmentation de la durée de cotisation. Il entend insister en même temps sur la question de l'emploi des seniors et de la pénibilité de certains métiers.
VINCENT COLLEN, Les Echos







